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di Alberto Arecchi
CES CYRENES QUI COLONISERENT L'OCEAN PACIFIQUE
La Nouvelle Zélande serait-elle une


J'ai recueilli une histoire très intrigante :
Un voyage aurait été réalisé par une flotte de l’Égypte hellénistique avec un équipage composé de matelots Cyrènes (Lybiens, ou Benghasi dirions–nous aujourd'hui), sous commandement du capitaine Rata et d'un navigateur nommé Maui, vers 232 AEC à l'époque du pharaon alexandrin Ptolomée III, et sous l’égide du grand scientifique Ératostène, au fin d'accomplir la circumnavigation du globe terrestre. En 232 AEC, Le Capitaine Rata et le navigateur Maui seraient partis d'Égypte avec une flotte, sur des instructions d'Ératostène – et Maui en aurait laissé le témoignage gravé sur les lointaines roches du Pacifique. Il s'agissait de grands bateaux, une véritable “mission de colonisation”, destinés à voyager au long cours. Selon l’usage de l'époque, lorsque ils rejoignaient une terre dans les stations du trajet, les navigateurs s'établissaient dans ce lieu jusqu'à la récolte suivante, de façon à vivre des produits du sol. En outre, ils laissaient ici et là non seulement des traces de leur culture (linguistique et matérielle), mais aussi une trace génétique grâce à des petits groupes de navigateurs qui s'arrêtaient en ces différents lieux.
Selon les partisans d‘une cette thèse, l'expédition voyaga vers Est dans une longue série d'étapes, à travers l'Océan Indien et l'Océan Pacifique, jusqu'à rejoindre à la côte américaine, qu'ils ne réussirent pas à doubler. Ils parcoururent donc les côtes américaines du nord au sud, sur 4.000 milles (environ 7.000 km), probablement de la Basse Californie (au Nord, à la latitude du Tropique du Cancer), jusqu'à l’actuel Chili (33° S.), à la recherche d'un passage vers l’est qui permettrait de poursuivre le voyage. Il y en a même qui ont supposé l'existence d'un ancien papier, dans lequel il apparaissait un passage navigable dans l'Amérique centrale, correspondant à l'isthme de Darien, à la hauteur du Lac de Managua.
Les peintures des Grottes des Navigateurs, dans la baie de McCluer, près de Sosorra, en Irian Jaya (Nouvelle Guinée occidentale) et les graffitis retrouvés dans l'île de Wamera (Wamerei), toujours en proximités de la côte sud–occidentale de la Nouvelle Guinée, qui représenteraient des cartes célestes, avec l'indication d'un dispositif (tanawa) employé pour la mensuration de la longitude seraient des souvenirs de l'expédition.
Un autre graffiti/souvenir de l'expédition Rata et Maui aurait été retrouvé sur les montagnes du Chili. Maui aurait laissé dans une grotte le souvenir de son passage, pour revendiquer la possession des côtes de l'Amérique que son expédition avait touché pour l'Égypte.
Il semble donc qu’en ne trouvant pas un passage vers l’orient, l'expédition décida de revenir vers l’ouest, vers l'île de Pâques. Ici, un groupe se serait arrêté et aurait construit les Moai pendant que les autres se dirigeaient vers la Nouvelle Zélande, où l’on trouve les Maori (nom qui peut être dérivé de celui de Mauri, Mori, ainsi que certains de leurs usages, en particulier les tatouages sur la face et le corps).
Les habitants de la Cyrénaïque étaient renommés comme navigateurs.
L'expédition ne revint jamais en Égypte à cause de divers naufrages, dont l’un arriva sur l'île de Pitcairn (rendue célèbre de nombreux siècles après, par la mutinerie du Bounty). Ici, se trouve une autre inscription qui, selon les modernes savants qui ont travaillé sur cette affaire, conserve les traces de l'expédition de Rata et Maui.
L'expédition montée par Rata et Maui avec le projet de circumnavigation autour du globe, se termina par un naufrage sur les côtes de l'Australie où les derniers survivants s'établirent ; n’en ayant plus reçu de nouvelles, en Égypte tous pensèrent que cela était imputable au fait qui la Terre était plate. Cela provoqua la disgrâce d'Ératostène qui avait promu l'expédition, et un radical changement dans la vision cosmologique : alors, pour des siècles, la théorie officielle soutint que la Terre devait être plate.
Des preuves de la tentative de circumnavigation seront la découverte en Australia et au Chili d'inscriptions datables d’une période antérieure à la naissance du Christ, avec des caractères et une langue de claire dérivation égyptienne ou – pour mieux dire – libyco–berbère puisque tel était le groupe ethnique des matelots originaires de la Cyrénaïque. En Polynésie la divinité du soleil s'appelle Ra, comme en Égypte. Rata et Maui sont les héros primitifs dans les légendes d'une grande partie des populations de la Polynésie.
À entendre tout cela, ma première impulsion a été de me mettre à la recherche des sources, sur la base des indices révélés, pour identifier les temps, les personnes, les méthodes, les modalités de la recherche qui avait mené à des tels résultats historiques.
En effet, il ne s'agit pas d'une “nouvelle découverte”, mais d'une hypothèse remontant aux premières années ‘70’, dûe au professeur anglo–américain (qui avait vécu sa jeunesse en Nouvelle Zélande) Barry Fell, qui enseignait la biologie marine à l'Université de Harvard. Le voyage de Maui et Rata a été rappelé à l'intérêt plus vaste des “chercheurs de mystères” en octobre 1998, à John Chappell directeur du Natural Philosophy Alliance qui avait écouté quelques conférences de Fell à Harvard en 1975.
Les académiciens méprisent les “chercheurs de graffiti”, c'est–à–dire les épigraphistes et les archéologues amateurs, étrangers au monde académique reconnu parce que ceux–ci les trouvent trop attachés au culte de leur recherche et trop attachés à leurs hypothèses, sans respect pour le système complet des “théories constituées”. Le plus célèbre d’entre eux a été sans doute Barry Fell. Né en Angleterre et élevé en Nouvelle Zélande, Howard Barraclough Fell (1917–1994), mieux connu sous le nom de Barry, a eu une énorme influence sur les “chercheurs de mystères” des Etats Unis.
Howard Barraclough (« Barry ») Fell naquit le 6 juin 1917 à Lewes dans le Sussex, en Angleterre, et il mourut d’une attaque cardiaque à San Diego, en Californie, le 21 avril 1994. Son grand père, John Barraclough Fell, était ingénieur et inventa la machine Fell de conception révolutionnaire, capable de passer des pentes raides. Son père, Howard Barraclough Towne Fell, marchand maritime respecté, mourut dans un incendie naval à 33 ans seulement, alors que Barry n’avait que six mois. Sa mère, Elsie Martha Fell devenue veuve, déménagea en Nouvelle Zélande, à Wellington où elle devint une femme d'affaires de successions. Elle écrivit même, et publia des poésies. Barry arriva ainsi en Nouvelle Zélande enfant avec sa mère dans les premières années 1920. Jeune, Barry connut F. Hutchinson de Napier et l'accompagna dans ses excursions dans les champs autour de la Baie de Hawkes, à la recherche de fossiles et d'autres objets d'histoire naturelle. Après avoir fréquenté le College à Wellington en 1935, il entra au Victoria University College où, en 1938 il obtint un diplôme en Botanique avec la mention honorable de Première Classe.
En 1939, il s'inscrivit à l'Université en Grande–Bretagne. De 1941 à février 1946, il participa à la seconde Guerre Mondiale dans l’Armée Britannique comme engagé avec le grade de sous–lieutenant et démissionna comme major. Pendant ce service militaire, il s'occupa même d'études de cryptographie.
Barry épousa Renée (“Rene”) Clarkson en 1942 ; ils eurent deux fils : Roger et Julian, et une fille, Veronica. Il revint en Nouvelle Zélande et entra au Département de Biologie du Victoria University College, comme Senior Lecturer en Zoologie, jusqu'en 1957, lorsque il fut nommé Professeur Associé.
En 1964, il quitta la Nouvelle Zélande pour les Etats Unis et devint professeur de zoologie comparée à l'Université de Harvard où il vécut jusqu'en 1979, lorsqu’il demanda sa mise à la retraite volontaire pour se retirer avec sa femme Rene à San Diego de Californie.
Barry Fell fut un extraordinaire linguiste ; en quelques années d’études il apprit à lire et à écrire en maori, latin, français, allemand, grec ancien et moderne. Pendant une période passée à Edimburgo il apprit le danois d’une manière tellement approfondie à en devenir lecteur, et il passa du temps sur la côte nord–occidentale de l’Écosse pour apprendre le gaélique. Ensuite, il acquit une capacité de travail en russe, sanscrit, dans les hiérogliphes égyptiens et dans plus d'une douzaine de langues d'Afrique, d'Asie et d'Amérique.
Fell commença ses recherches avec une discrète connaissance du latin, du grec et des langues celtiques. Pour chaque autre langue, il fut un autodidacte. Il commenca à s'intéresser à la diffusion des races humaines, des migrations des espèces marines, à travers l’étude de la diffusion des langues. Il commenca par l'univers des Polynésiens et arriva à conclure que les différentes cultures provenant de l'Europe et de l'Afrique avaient rejoint le Nouveau Monde bien avant Colomb.
Son intérêt pour l'épigraphie (étude des inscriptions) le fit définir par ses disciples comme “le meilleur linguiste du vingtième siècle” et des sceptiques comme “un–pseudo–scientifique–autoproclamé–qui–risqua–de–ruiner–plus–d'un siècle–d’attentifs–progrès–dans–les–recherches–archéologique–et–anthropologiques”. Aucune de ces deux convictions n’est entièrement vraie.
Vers 1973, lorsque il était encore lecteur de biologie marine à Harvard, ses multiples intérêts pour la numismatique, les langues et la répartition des animaux le poussèrent à porter son attention vers les anciennes cultures, inscriptions et gravures sur bois ou pierre (épigraphie). Bien que sur des tels sujets il ait toujours existé une fermeture exclusive des milieux officiels, l'Université de Harvard choisit de tolérer son abandon quasi improvisé des recherches sur les échinodermes pour se dédier aux nouveaux intérêts.
Il s’engagea même fortement dans l'épigraphie en profitant des importantes ressources que la bibliothèque de Harvard offraient sur les “langues inconnues” et sur leurs systèmes d'écriture. Un des nombreux mystères était constitué par d'étranges inscriptions présentes dans les îles de la Polynésie, d’Hawaï à la Nouvelle Zélande. À Harvard il avait à sa disposition des collections importantes de tablettes gravées et de semblables objets, en particulier celle de la Smithsonian Institution, et pouvait exploiter les moyens informatiques pour traduire les écritures antiques jusqu'alors mystérieuses.
Au commencement des années soixante–dix, Barry Fell publia ses déchiffrements de quelques inscriptions trouvées dans les îles du Pacifique et dans l'Irian Jaya, la moitié occidentale de la Nouvelle Guinée, appartenant à l'Indonesie. Fell établit que les inscriptions étaient écrites dans un dialecte libyen, employé dans les zones occidentales des dominations de l'ancienne Égypte, et que de tels dialectes avaient dérivé de la langue maori parlée par les insulaires de la Polynésie. La plus ancienne des inscriptions, retrouvée dans les Grottes des Navigateurs en Irian Jaya, fut datée par lui de 232 AEC.
Les vastes intérêts de Fell, et le complet rejet de ses découvertes de la part de l'appareil conservateur, le poussèrent à fonder en 1974 l'Epigraphic Society, dont il fut le premier président, pour garantir une possibilité d'édition à ses écrits. Des demandes d'inscriptions et d'informations lui arrivèrent du monde entier. L'Association existe toujours et publie des études d'épigraphistes, géographes, archéologues et amateurs intéressés par de tels sujets.
Barry Fell publia ses travaux surtout dans la revue de son association, The Polynesian Epigraphic Society Occasional Publications, avec de nombreuses monographies The Epigraphic Society Occasional Papers (ESOP). Ces Cahiers de la Societé Épigraphique sont la source de la stupéfiante histoire dont nous parlons. En Nouvelle Zélande, les œuvres de Fell sur les Maori, et sa spectaculaire traduction des graffitis des Grottes des Navigateurs ne suscita plus l'attention et la clameur qu'elle avait provoqué en Amérique.
Dans les années soixante–dix quelques groupes de recherche éthnographique, basés près de l'Université de Harvard et gravitant autour de Barry Fell, soutinrent que la langue des anciennes inscriptions trouvées dans les îles du Pacifique, était un mélange de termes originaires de la Cyrénaïque et de termes des langues polynésiennes (comme la langue malaise). On trouvait même des traces dravidienne et d'autres langues de la région. Fell entendait montrer l'existence d'un ancien contact entre les peuples nord–africains (Phéniciens ou Carthaginois), leurs routes de trafic et leur influence culturelle et les cultures polynésiennes, et en particulier il crut identifier une similitude entre la langue des Maori (parlée dans la Nouvelle Zélande) et celle de Berbères de la Cyrénaïque.
Les “déchiffrements” des inscriptions de la Grotte des Navigateurs située dans la Nouvelle Guinée Occidentale remontent à cette période. De la liaison entre les différentes inscriptions rupestres trouvées dans les îles du Pacifique, dans la Nouvelle Guinée occidentale et à Santiago du Chili, et déchiffrées par Fell, quelques chercheurs américains ont tiré l'histoire d'une flotte “égyptienne” qui aurait affronté une mission de circumnavigation globale vers 232 AEC, sous le règne de Ptolomée.
Cette “reconstruction” narre que les six bateaux appareillèrent d'un port de la Cyrénaïque sous commandement du Capitaine Rata et du navigateur Maui, ami de l'astronome Ératostène (≈275–194 a.C.), directeur de la célèbre Bibliothèque d'Alexandrie, remontèrent une partie du Nil, puis se dirigèrent dans le Mer Rouge par le canal navigable des Pharaons puis vers l’Orient, le long de la Mer Rouge, l'Océan Indien, l'Indonésie et l'Océan Pacifique. Les inscriptions de Maui, selon les déchiffrements réalisés dans les années 70 par Barry Fell, indiqueraient que l'expédition entendait montrer la validité du théorème d'Ératostène (c'est–à–dire que la Terre était ronde, avec une circonférence d’environ de 24.500 milles). Fell employa huit ans pour démontrer que les inscriptions polynésiennes n’étaient pas du rompicapo [charabia] sans sens, comme le soutenaient les autres experts, mais « une forme écrite de la langue polynésienne, les témoins par lesquels pourraient peut–être se résoudre de déconcertantes questions comme celle des plantes et des animaux domestiques qui pourraient avoir rejoint la Polynésie depuis l'Amérique et l'Asie ».
Fell avait réfléchi longuement sur le fait que les centaines d'inscriptions disséminées sur les roches et dans les grottes des Îles du Pacifique avaient des caractères semblables, bien que se trouvant sur des îles éloignées entre elles de milliers de kilomètres, et il était resté impressionné par une affirmation du professeur de zoologie qu’il avaient eu en Nouvelle Zélande et qui lui avait fait observer les similitudes entre la langue moderne des Maori et les langues classiques de l'aire méditerranéenne.
Fell écrivit : « Il commence à m'apparaître des lettres avec des formes reconnaissables et des mots ». Il put profiter de l'ambiance académique de Harvard, remarquons sa “liberté intellectuelle”, et impliqua ses compatriotes y compris les étudiants dans la recherche. Il écrivit : « Je crois que dans aucun lieu on puisse trouver une ambiance plus favorable pour résoudre ce problème ».
Parmi les inscriptions en langue maori, Fell affirma que : « plus ancienne est une inscription, plus son langage correspond à ce mélange de grec et d'égyptien qu'on devait parler un temps dans l’Afrique du Nord après qu’Alexandre le Grand ait conquis l'Égypte. » Il se déclara convaincu que la plus ancienne de ces inscriptions était écrite en « ancien libyen, un dialecte de l'égyptien parlé par ces pêcheurs à le peau sombre que les Grecs appelaient Maures ».
Quelques–une des 1.500 inscriptions connues étaient bilingues, avec le latin ou le punique comme seconde langue (il s'agit d'inscriptions sur les tombes en Algérie et Tunisie), et pouvaient fournir des clés d'interprétation. En général, les inscriptions présentaient des caractères alphabétiques, sans voyelles (comme l’hébreux et l’arabe). Fell savait reconnaître les racines de quelques mots en Égyptien et en Polynésien standard. Dans quelques cas, si on substituait les lettres avec leurs correspondantes de l'ancien égyptien, on réussissait à leur donner un sens dans cette ancienne langue. On peut comprendre comme Fell travaillait par le puzzle de l'exemple de sa traduction et de sa comparaison avec l'alphabet Maori, prèsentés dans les figures.
Bien vite, Barry se plonga totalement dans l'épigraphie et cumula une connaissance encyclopédique dans ce champ d‘études, en publiant trois livres — controversés, mais de grande diffusion — sur les migrations humaines pré–colombiennes depuis l'Europe vers l’Amérique du Nord. Il reçut de sa femme Rene une grande aide dans ses recherches. Non seulement ses livres ouvrirent un grand débat et stimulèrent beaucoup de critiques, en particulier aux USA, mais ils provoquèrent même l'envoi d'une grande quantité de matériel épigraphique de tout le monde, ce qui lui permit d’avancer dans ses recherches.
La première incursion de Fell dans le champ de l'épigraphie avait été l’étude des pétroglyphes polynésiens publiée en 1940 mais, ce fut son livre Amérique B.C. (1976) qui le fit connaître du vaste public. Dans celui–ci, il soutenait qu'il existait de nombreux exemples d'écrits du Vieux Monde qui pouvaient se retrouver sur la surface de roches et d'objets partout, en Amérique du Nord et du Sud.
Dans ce premier livre, Fell posa les bases pour sa nouvelle et innovatrice histoire du monde. Il conquit ainsi un groupe de disciples et fonda la Societé Épigraphique d'Amérique. Appelée à l’origine Societé Epigraphique Polynésienne, le changemnt du nom reflétant le balayage plus vaste qui Fell et ses compagnons proposaient. L'unique évidence sur laquelle il se basait incluait les inscriptions retrouvées sur des murs, bâtons et pierres.
L’Amérique AEC bouleversa les traditionnelles disciplines de l'archéologie, de l'épigraphie, et de l'histoire ancienne (pour n’en citer que quelques–unes). Encore de nos jours, l'adhésion aux idées de Fell est considérée comme une hérésie académique, et son départ de Harvard en 1977 ne se produisit pas d’une manière amicale. Bien qu’il ait suscité à Harvard une énorme excitation, ses idées bouleversèrent l'ambiance académique d’une manière exagérée. Beaucoup critiquèrent ses méthodes et l'attaquèrent, mais le principal argument employé contre lui resta toujours qu’il voulait aller contre les idées reçues.
S’ensuivit son second livre, Saga Amérique (1980), dans lequel il proposa l'identification d’écrits et de langues, incluant l'arabe et d’autres alphabets, et des cartes et zodiaques. Dans le troisième livre, Bronze Age Amérique (1982), Fell se concentra sur la reconnaissance de textes scandivaves de l'Âge du Bronze, à Peterborough/ Ontario (Canada), plus anciens de deux mille ans que n'importe quelle inscription runique existant en Europe. Il publia aussi des esais sur ses originales interpretations du Disque de Phaestos [G] et de l'écriture rongo–rongo de l'Île de Pâques, ainsi qu’une identification de l'étrusque avec la langue des Hittites. Selon Barry Fell, ils y eut de nombreux contacts pré–colombiens entre l'Europe, l'Afrique, l'Asie et le Nouveau Monde jusqu'à au moins trois mille ans avant les dates officiellement reconnues ; aucun de ces contacts (sauf l'expédition de Leif Ericsson) ne serait resté enregistré dans les chroniques du Vieux Monde.
En 1978, Barry fut Professeur Invité à l'Université de Tripoli où il fut acclamé comme un héros national pour sa démonstration qu’on pouvait traduire en arabe les anciens caractères et les inscriptions funéraires ; en 1980, il reçut le Prix Tripoli pour l'histoire arabe. De plus, il déclara avoir démontré la diffuse colonisation pré–colombienne de l’Amérique du Nord par l’Afrique du Nord et l'Europe – ce qui provoqua la plupart des critiques qui lui furent adessées. En reconnaissance de son travail, Barry fut décoré avec le Honorary Fellowships et fut récompensé par des associations scientifiques des Etats Unis, de l'Europe, de l'Afrique et de la Polynésie.
Fondamentalement, on peut soutenir – à raison – que Barry Fell ait été un vrai scientifique. Sa formation en biologie marine signifiait qu'il était capable de rechercher l'objectivité dans des arguments controversés. Toutefois, ses déclarations étaient parfois dépourvues de compromis, de circonspection et de cette cautèle qu’on trouve opportune dans les écrits d'archéologie. Avec son insistance à soutenir des interpr’tations controversées, il obtint souvent l'unique résultat de s'attirer l'ire des archéologues officiels et de rendre impossible un quelconque débat raisonnable. Beaucoup d'archéologues académiques étaient plus que sceptiques sur les affirmations de Barry Fell : ils étaient même carrément hostiles. Ses déclarations de rigueur scientifique avaient de la valeur pour la biologie marine mais, lorsque il en arriva à s'occuper d'interpretations archéologiques, il ignora les habitudes normales relatives à l'évidence et à la validité des preuves. En outre, ses publications étaient largement adressées à des non spécialistes ; plutôt que soumettre ses études à la publication dans des revues académiques selon la procédure habituelle, il préférait publier des livres à grande diffusion, ou par l'Epigraphic Society of North Amérique, une association que ses adversaires identifiaient, bien que d’une manière pas très honnête, comme composée de ses propres disciples.
Il eut per de ses défenseurs dans le monde académique. L’un d’entre eux, David Kelley de l'Université de Calgary, fut un des premiers à reconnaître que l'écriture Maya était essentiellement phonétique, et non pas idéographique. Il admit que la plupart des exemples employés par Fell sont des erreurs d'interprétation mais, il conclut qu'il lui est même arrivé de soutenir quelques unes de ses interprétations de textes oghamiques, repoussées par la plupart des archéologues officiels comme étant des lignes qui se sont formées d’une manière tout à fait naturelle sur la surface rocheuse, tels des sillons ou des rebuts de fonderies.
Il existe de nombreux sites clés et identifications utilisés par Barry Fell pour soutenir ses théories. Certains sont seulement des égratignures superficielles, comme l'inscription de Los Lunas ou la Pierre de Bat Creek ; d’autres, comme l'identification d'écritures ogham ou arabes en de nombreuses localités, n'existent pas du tout. Bien que l'enthousiasme de Fell et sa joie à se vouer à son hobby personnel fussent dignes d’applaudissement, Fell a rendu un mauvais service à la communauté archéologique. Stephen Williams a développé une critique serrée de Fell dans son chapitre du livre Fantastic Archaeology intitulé “Tales the Rude Monuments Tell”. Williams indique les erreurs et les principales incorrections identifiables dans les travaux de Fell. Celles qui déclaraient certain que de 3000 AEC à 1400 AEC l'Amérique avait été visitée par des Ibériques, des Libyens, des Celtes, des Vikings, des Égyptiens, et qu’elle avait reçu les influences des Nubiens et des Romains. Il pensait qu'à partir de 500 AEC on avait développé des routes commerciales pour l'argent, le cuivre et les fourrures du Nouveau Monde, échangées avec bronze, plomb, cuir et étain. Fell fit même de graves erreurs linguistiques, comme celle d’affirmer que la langue zuni possédait seulement 1.200 mots enregistrés. Williams rappelle, dans une note, qui l'editeur de Fell était un ornithologue et non pas un archéologue.

L'expédition d'Ératostène
Lorsque se diffusa le bruit des études de Fell sur le voyage des Égyptiens jusqu'à la terre des Maori, des épigraphistes et d’autres spécialistes lui envoièrent des copies des inscriptions qu'on trouvait dans les Grottes des Navigateurs à Sosorra, près du village côtier de Furur, dans la Baie McCluer, Irian Jaya. L’une d’entre eux à les signaler à Fell fut Ruth K. Hanner d’Hawaii qui n’avait pas observé les similitudes avec des écritures égyptiennes. Les inscriptions rupestres avaient été découvertes dans les années 1937–1938 par l'expédition de Josef Röder, de l'Institut Frobenius de l'Université allemande de Francfort. Le groupe de Röder entreprit des recherches sur les pratiques religieuses des habitants du lieu et photagraphia les inscriptions et les dessins, mais il ne sut pas les déchiffrer.
Les grottes de Sosorra, avec leur atmosphère presque magique, ne sont joignables que de la mer et constituent un pôle touristique dans une région riche de tels attraits. On y trouve des dessins représentant des bateaux et des équipements de pêche, des sujets astronomiques (lune et soleils naissants et étoiles), des peintures, graphiques de navigation, calculs, tracés avec du charbon et des ocres colorées et conservés sous une fine couche de stalactite :
Fell y voit « l'illustration de phénomènes célestes et d’instruments astronomiques, tels un “soutien à croix”, une horloge [cadran] solaire à angle variable pour pouvoir l’utiliser sous différentes latitudes, un instrument de calcul qui corrige les angles zénithaux selon la latitude, moyens et équerre, cartes célestes qui montrent des constellations spécifiques (détaillées) » et de nombreux dessins et peintures religieuses représentant des divinités gréco–égyptiennes. On trouve même quelques indications relative à des mines d'or et d'argent.
Fell s'aperçut que l'inscription la plus importante pouvait être interprétée comme une preuve concise, en mots et par les dessins, de l'expérience réalisée par Ératostène à Syène et à Alexandrie pour montrer que la Terre est ronde ! L'auteur du dessin s'identifiait comme Maui et se définissait comme astronome et navigateur d'une flotte de six navires commandée par Rata, appareillée depuis l'Égypte vers 232 AEC, sous le règne de Ptolomée III, avec la mission de naviguer tout autour du globe.
Fell data les reprèsentations des Grottes des Navigateurs à 235–225 AEC, sur la base du fait que Maui enregistra une éclipse solaire et une comète, évènements survenus dans la quinzième année de règne du Pharaon, qui coïncideraient avec l'éclipse annulaire du 19 novembre 232 AEC. L'elégante preuve du théorème d'Ératostène est introduite par Maui comme suit : « Ce théorème particulier fut expliqué à Maui par Ératostène, astronome du Pays du delta de la Basse Égypte. »
Fell supposa que l'expédition avait été envoyée par Ptolomée III, soit pour trouver des nouvelles mines d'or pour ses propres monnaies, soit pour démontrer la “nouvelle doctrine” proposée par Ératostène. Sur la base des traductions préalables développées en 1974, Fell conclût, avec son groupe, que le voyage de la flotte commandée par Rata et Maui avait été planifié par Ératostène, dans le but de naviguer autour du globe. Fell et ses collaborateurs pensèrent que les courants du Pacifique auraient pu porter la flotte de la Nouvelle Guinée jusqu'à la région comprise entre la Basse Californie et Panama, d’où les bateaux auraient pût être dirigés au nord ou au sud pour trouver un passage maritime parmi les masses continentales. Le groupe se mit à chercher sur la côte occidentale des Amériques des inscriptions, qui seraient datables autour 231–230 AEC.
Le 13 novembre 1974 le géographe George F. Carter Sr., professeur à la Texas A&M University, qui avait lu avec interêt les études de Fell, lui signala quelques anciennes inscriptions qu’il avait eu l’occasion d'étudier, dans des installations paléolithiques en Amérique. En particulier, une inscription rupestre qu'il avait transcrite dans une revue scientifique en allemand, publiée au Chili, trouvée dans les sections « Special Collections » de la Bibliothèque Milton S. Eisenhower, près de la Johns Hopkins University de Baltimore, dans les années 1950, lorsque il y enseignait. L'inscription avait été transcrite en 1885 par Karl Stolp qui s'était réfugié dans une grotte près de Santiago pendant une tempête.
Carter pensait que cette inscription était semblable aux polynésiennes. Il avait raison : lorsque Fell réussit à la traduire, on lut dans l'inscription de Santiago : « an 16 du règne », correspondant à 231 AEC, et le nom de Maui.
« Je traversais la chaîne des monts Cajon en 1885, lorsqu’une soudaine tempête de neige me forca à chercher refuge parmi les roches d’une gorge. Moi et mes gens laissai les chevaux et cherchai un abri dans une caverne sur le côté sud de la gorge. Postée à 2.000 pieds (plus de 650 m) au dessus de la vallée, cette caverne est très difficile à rejoindre et est rarement visitée par les natifs qui s'en tiennent éloignés spécialement à cause des “signes secrets” des esprits qu'ils prétendent être présents en ce lieu. Ceci nous a été dit par quelques bergers qui vivent dans les environs. Toutefois, le temps contrariant me força à chercher les signes et les esprits malgré sa position dangereuse. Comme je l'ai dit, la caverne était presque inaccessible entre des roches escarpées et des murs à pic ; elle restait complètement sèche quel que soit le temps, comme cela se voyait à l’épaisseur de la poussière. Sur quelques murs lisses, des étranges signes attiraient immédiatement la curiosité du visiteur. Il y avait beaucoup de signes, non seulement sur les murs latéraux, mais aussi sur le plafond. On ne comprend pas comment les signes avaient put être peints à l'extérieur de la caverne, puisqu'ils se trouvaient dans un lieu impossible à atteindre même avec une échelle, au–dessus d'un surplomb et inaccessible même d'en haut. L'unique possibilité serait qu'autrefois il existait d’autres roches face à celles peintes d’où les peintures purent être réalisés, et qu'ensuite elles se brisèrent et tombèrent dans l'abîme.
Comme on l’a dit, la caverne était pleine d'une épaisse couche de poussière, sur laquelle je cheminais. Décidé à l'examiner avec la plus grande attention, je creusais dans la poussière jusqu'à trouver enfin sept squelettes humains, cinq masculins et deux féminins. J'ai donné l’échantillon le mieux conservé au Dr. Phillips pour le Musée National local. Quelques–uns des squelettes étaient si fragiles qu’ils tombèrent en pièces dans mes mains.
L'angle facial des crânes était en moyenne de 75% et l’épaisseur de la boîte crânienne, du front et des parois était d'un centimètre. Près des squelettes on trouvait des objets grossiérement travaillés en raphia (pas de laine) et quelques bijoux en coquillages.
Les étranges signes qui couvraient les pierres et les murs de la caverne étaient exécutés dans les couleurs rouge, noire et blanche. Les analyses chimiques ont révélé que le rouge et le noir étaient obtenus par des argiles riches en fer et le blanc était fait de kaolin ou de cendre.
On s’est posé la question : « Ces signes sont d'origine Indienne, ou non ? » Au premier regard on dirait qu'ils proviennent du Pays des Pyramides et que quelqu'un s’est amusé à en décorer les murs de la caverne. Mais pourquoi ? Et, surtout, pourquoi dans un lieu aussi inaccessible ? Pourquoi l'artiste serait–il allé peindre ces signes en une place si compliquée qu’aujourd'hui on ne peut la joindre qu’avec des échafaudages spéciaux ? Le lieu est tellement inaccessible que je n’ai pas réussi à trouver un endroit pour les photographier d’une manièree adaptée. Les signes pouvaient avoir été peints seulement avec les pieds bien arrimés au sol. Face aux roches, il devait y avoir un solide appui pour les artistes et, ensuite, il est tombé dans l'abîme des siècles car dans le ravin croissent beaucoup de massifs de cyprès et d’arbres à savon (Quillaja saponaria) d’âges vénérables qui ont été d’évidence endommagés ou détruits par les éboulements du terrain.
Les squelettes avec les bijoux en coquillages et les objets tressés laissaient penser à une grande antiquité, au moins séculaire. La forme des crânes pouvait seulement être celle d'une race d'hommes très intelligents, probablement les ancêtres des Araucani (habitants du Chili et de l'Argentine occidentale). Les crânes et bien d'autres os montraient des signes de blessures cicatrisées. Les signes semblaient être faits avec les doigts, en employant des couleurs minérales provenant d'un autre lieu, et transportées ici pour leur emploi.
Mon opinion, étant donnés le lieu et les conditions dans lesquelles je découvris ces signes, est qu'ils sont d'origine Indoue, bien que leur forme insolite rappelle l’ancien égyptien plutôt que l’araucanien.
La caverne est dite « la casa pintada », c'est–à–dire la Maison Peinte.
On trouve sur une pierre près d'Antofagasta d’autres signes, qui ne ressemblent pas à ceux décrits. Ce sont des dessins qui, à première vue, paraissent d'origine indoue, comme on le voit d’après les photographies de F. San Roman, directeur de la section locale de géographie et géologie. De la comparaison avec les dessins Huanaco on peut déterminer que, lorsque furent réalisés les premiers dessins aux temps antiques, la roche était debout et qu'ensuite, par l'érosion du terrain du dessous, elle est tombée et que d'autres dessinateurs ont continué à la décorer plus tard".
Selon les interprétations développée par Barry Fell, les caractères de l'inscription trouvée par Karl Stolp seraient ceux de l'ancienne langue libyenne, à lire alternativement, une ligne de gauche et l'autre de droite [en “boustrophédon” : comme on laboure un champ, habitude souvent runique et quelques fois étrusque].
La langue serait de l’ancien Maori correspondant, selon Fell, à la langue parlée à l’époque alexandrine sur la côte de la Cyrénaïque, un dialecte de l'égyptien antique. Selon Fell, les dialectes Maori modernes ne diffèrent de la langue parlée par Maui seulement par quelques aspects mineurs. Disons–le franchement : une tentation très attrayante serait d'organiser une « croisière » de jeunes libyens benghasini en Nouvelle Zélande, pour constater de visu s'ils réussissent à se faire comprendre, au moins un peu, avec les mots de leur langue mère.
Voilà la traduction proposée par Fell : « Limite méridionale de la côte rejointe par Maui. Cette région est la limite méridionale de la terre montagneuse que le commandant revendique par écrit, dans ce territoire. Il a mené la flotte vers le sud jusqu'à cette limite. Le navigateur revendique ces terres pour le Roi d'Égypte et sa Reine et leur noble fils, pour une étendue de 4.000 milles, raide et riche de montagnes qui se lèvent haut. 5 août de l'an de règne 16.
Comment se serait conclu le voyage ?
La flotte de Rota et Maui ne revint jamais en Égypte. On pense que les matelots envoyés par le Pharaon, lorsque ils ne trouvèrent pas un passage navigable à travers l'Amérique, revinrent en arrière et retraversèrent le Pacifique. Selon l'inscription, un bateau fit naufrage sur l'Île de Pitcairn.
Fell en arriva à penser que Rota, Maui, et les autres membres de l'expédition (environ 300) étaient devenus les pères fondateurs de la Polynésie. En effet, il est vrai que les noms Rata et Maui paraissent dans les légendes de la Polynésie. En outre, l'ancienne langue maori/libyenne, avec son écriture et toutes leurs connaissances, devinrent le « patrimoine de départ de la Polynésie ». Selon Fell, en Nouvelle Zélande on pouvait trouver des inscriptions libyennes « jusqu'à 1450 EC.»

Ératostène et le voyage d'exploration de Rata et Maui
La capacité de naviguer des Égyptiens et leur adresse à accomplir des voyages sur des longues distances ont été datées de 2.890 AEC, avec l'exploration de la côte africaine, le long du Mer Rouge et l'Océan Indien et même jusqu'au cercle polaire.
Des voyages à la recherche de mines d'or, et même pour coloniser, intéressèrent des milliers d'Égyptiens, et des bateaux de dimensions très grandes (de la longueur de 67 mètres, selon une maquette trouvée dans la tombe d'un égyptien).
Donc, vers 232 AEC, Rata et Maui pouvaient avoir les connaissances pour affronter un voyage sur une longue distance.
Ils savaient depuis Ératostène que la circonférence terrestre devaient mesurer 250.000 stades (environ 40.000 km), et possédaient des connaissances astronomiques et des instruments pour la navigation. Leurs bateaux étaient très grands. Un voyage à travers le Pacifique au IIIème s. AEC apparaît donc possible. Sous initiative égyptienne, en 232 AEC, un groupe de matelots aurait donc appareillé avec une flotte d'un port de la Cyrénaïque et – après avoir remonté une partie du Nil – il aurait embouché le Mer Rouge à travers le célèbre canal creusé par les Pharaons.
Selon l'hypothèse de Fell, ils auraient touché une localité de l'actuelle Indonésie là, où le navigateur de l'expédition du nom de Maui fit un graffiti en mémoire de l’évènement, et enregistra une éclipse sur les parois de la Grotte des Navigateurs. Ensuite, ils traversèrent l'Océan Pacifique et rejoignirent probablement l'Amérique Centrale.

L'expérience d'Ératostène
La vie d'Ératostène
Ératostène naquit en 276 AEC dans une famille de race grecque à Cyrène, en Afrique du Nord. Parmi ses maîtres, il y eut Lysania de Cyrène et le philosophe Ariston de Chio, élève de Zenon (le fondateur de l'École stoïcienne). Ératostène étudia même avec le poète Callimaque. Ensuite il voyaga à Athène où il étudia à l'Académie platonicienne. Il devint un célèbre mathématicien. En 245 AEC, il fut invité en Egypte pour éduquer le futur Pharaon (Philopatres, fils de Ptolomée III Euergète). La Grande Bibliothèque d'Alexandrie, connexe avec le Musée et ainsi appelée pour la distinguer de la “petite” ou “ bibliothèque fille” du Sérapéon, avait été fondée à la volonté de Ptolomée le Sage (mort vers 284 AEC) qui avait appelé à la tête de la nouvelle structure Demetrio Falère, dans les années 296–295 AEC. La célèbre Bibliothèque fut ensuite complétée sous le règne de Ptolomée II Philadelphe qui nomma Callimaque au rang de bibliothécaire chef. À la mort de ceux–ci, vers 240 AEC, Ptolomée III Euergète nomma Ératostène directeur de la Grande Bibliothèque, avec quarante bibliothécaires sous ses ordres. La Grande Bibliothèque devint, comme on le sait, le plus grand centre de savoir du monde ancien, avec les 700.000 textes qui y étaient conservés.
Ératostène acquit un considérable pouvoir politique sur la societé gréco–égyptienne de son époque. Il lui fut donné le titre de philologue. Grand scientifique, il entretint une correspondance avec Archimède de Syracuse (son aîné de onze ans), auquel il dédia deux de ses oeuvres : « Sur la méthode des théorèmes de mécanique » et « le problème du bétail ».
Ératostène était reconnu par ses contemporains comme un homme de grande distinction dans tous les branches du savoir et, dans chacune, il lui manquait peu pour atteindre le sommet. En effet ils l'appelaient “Bêta” selon la seconde lettre de l'alphabet grec. C’était certainement un surnom malvenu pour un homme dont les découvertes sont encore rappelées de nos jours, non seulement pour leur importance historique, mais même comme bases pour les méthodes de la science moderne. Ensuite, il reçut un autre surnom, “Pentathlos”, qui indique un athlète qui, n’étant vainqueur ni dans la course ou dans la bataille, est cependant bien versé dans toutes les compétitions.
Une de ses œuvres importantes fut le Platonicus qui traite des mathématiques sous–tendues à la philosophie de Platon. L'œuvre est perdue, mais il s'est conservé le texte de Téon de Smyrne qui explique comment Ératostène étudiait les bases de la géométrie et de l'arithmétique, ainsi que la musique.
Il s'occupa du problème de la duplication du cube (qui implique la détermination de la racine cubique de 2) et mit au point une méthode pour déterminer les nombres premiers, sans aucune limite. Son livre perdu Sur les significations est cité par Pappe comme un important texte de géométrie.
Le premier, Ératostène appliqua une méthode rigoureuse pour mesurer la circonférence de la Terre et développa des méthodes pour la navigation océanique en employant comme référence le plan de l'écliptique pour la détermination de la longitude.
La mesure de la circonférence du méridien terrestre était traitée dans son livre perdu, Sur la mesure de la Terre. Nous connaissons quelques détails de la méthode de calcul appliquée par d'autres auteurs, comme Cléomède, Théon de Smyrne et Strabon. Dans la conviction que la Terre est sphérique et gravite autour du Soleil, un postulat de l'astronomie sphérique est de la considérer comme un petit point dans l'espace frappé par les rayons du Soleil qui restent sensiblement parallèles les uns aux autres en arrivant sur la surface terrestre entière. Ératostène choisit le méridien qui traverse Syène (près de l'actuel Assouan) et Alexandrie, parceque dans ces deux villes l'instant de midi coïncide. Le jour du solstice d'été, il confronta l'ombre à midi dans les deux localités qui sont situées sur le même méridien, à une distance de 5.000 stades l’une de l’autre. Alexandrie se trouve en réalité un peu plus à l’ouest que Syène ; la distance en ligne droite entre les deux localités est évaluée à 840 km. À Syène, située au Tropique du Cancer, le Soleil de midi éclairait le fond d'un puits profond et était donc parfaitement à la verticale, pendant qu'à Alexandrie – avec l'aide d'un obélisque ou d'un pieu vertical (gnomon) – on put mesurer l'angle entre l'ombre et la verticale, ce qui donnait 1/50ème de circonférence (c'est–à–dire 1° 48'). Il arriva ainsi à déterminer pour la circonférence terrestre la mesure de 250.000 stades. Par conséquent, le rayon terrestre qui en résultait était de 39.788,7 stades. Nous ne connaissons pas la longueur exacte du stade par rapport au système métrique décimal, mais d’après des études plus récentes on suppose que sa mesure était comprise entre 157,20 mètres (mesure tirée de quelques considérations de Pline) et 166,70 mètres (mesure suggérée par Gulbekian, et plus communément adoptée).
Selon ces évaluations, la circonférence du méridien terrestre calculée par Ératostène serait donc comprise entre 39.300 et 41.675 km, et donc assez correcte, par rapport aux 40.000 km à peu près établis avec les mensurations modernes. Pour les autres mensurations astronomiques, la précision des calculs était beaucoup plus faible. En jumelant les recherches d'Ératostène avec celles d'Aristarque, on pouvait tenter de déterminer même les diamètres du Soleil et de la Lune. Ainsi furent tirées les mesures des deux corps célestes : pour le Soleil une mesure du rayon équivaut à 45.075 km (en réalité, elle est en moyenne de 696.000 km) et pour la Lune un rayon de 2.372 km (en réalité, il est en moyenne de 1.738 km).
Avec des relevés attentifs et répétés pendant les éclipses lunaires, Ératostène chercha même à mesurer la distance de la Terre au Soleil, qu’il calcula être de 804 millions de stades (c'est–à–dire 126.4 – 134 millions de km : la distance moyenne réelle est 149.6 millions de km), et de celle entre la Terre et la Lune (780.000 stades = 122.600 – 130.000 km, contre les 384.400 km de distance moyenne réelle). Homme de savoir encyclopédique, Ératostène étudia une réforme du calendrier qui tenait compte des années bisextiles et il se voua à la rédaction d'une chronographie du monde, avec tous les évènements littéraires et politiques depuis l’époque de la guerre de Troie jusqu'à ses jours. On dit même qu'il a compilé un catalogue de 675 étoiles.
Ératostène fut un grand géographe. Il dessina assez soigneusement le cours du Nil jusqu'à Khartoum, avec le tracé des deux branches affluentes provenant des montagnes d'Éthiopie, et suggéra qu'il existait des lacs aux sources du grand fleuve. En outre, il décrivit la région de “l'Eudaimon Arabia”, l’actuel Yemen, habitée par quatre races différentes : Minei, Sabei, Qatabani et Hadramiti. Il adopta largement la méthode de détermination des lieux par la grille géographique des méridiens et parallèles, pour définir les longitudes et latitudes. Cette méthode avait été introduite une cinquantaine d'années avant lui par Dicéarcos, disciple d'Aristote. Ératostène choisit comme “parallèle fondamental” une ligne qui reliait l'île de Rhodes aux colonnes d'Hercule (Gibraltar), qui correspond approximativement à notre 36° parallèle N. Il proposa que cette ligne divise le monde en deux parties approximativement égales, et qui définissait la plus grande longueur connue en direction Est–Ouest. Il indiqua comme “méridien fondamental” celui passant par Rhodes et en traça sept autres, parallèles, de façon à définir une grille à mailles rectangulaires. Ainsi choisies, elles furent critiquées par Hipparque qui les trouvait arbitraires. Hipparque proposa que la grille devait répondre à des calculs astronomiques précis : par exemple, que les points situés sur la même ligne devraient avoir les jours les plus longs de l’année [solstice d’été] d'égale durée. Cependant, les dessins originaux de ces deux auteurs n’ont pas subsisté mais, seulement les interprétations données dans l’œuvre de 23 AEC de Strabon, qui s'arrête trop peu sur la question de la projection d'une surface sphérique sur un plan.
Ératostène écrivit même un poème, Hermès, inspiré par l'astronomie, et d’autres œuvres littéraires, de théatre et d'éthique, comme cela se faisait chez les intellectuels grecs. Ératostène mourut aveugle et souffrant, en 194 AEC à l'âge de 82 ans, à Alexandrie d'Égypte. Il y en a qui soutiennent qu'il s’est suicidé par le jeûne.

Les Maori
Le peuple des Maori, traditionnels habitants de la Nouvelle Zélande, se compose de différentes tribus, appelées Iwi, subdivisées en sous tribus Hapu et en groupes de dimensions mineures Whanau. Le nom Maori (Ma–Uri) signifie littéralement “Fils du Ciel”.
Le peuple Maori compte aujourd'hui environ 500.000 individus, dont beaucoup vivent dans les villes mais maintiennent d’étroits contacts avec leur tribu d’origine.
On pense que le premier navigaeurt polynésien à rejoindre la Nouvelle Zélande était Kupe, provenant de l'île de Hawaiki, vers le 950 EC. Une deuxième grande vague de migration de la même île eut lieu vers 1350. Ils appelèrent la nouvelle terre Aotearoa “la terre du long nuage blanc”. Peuple guerrier, les Maori avaient l’habitude de conserver la tête de leurs ennemis pour s'emparer de leur mana (esprit vital). Une seule tribu, qui vivait dans le sud de l'île, était adonnée au cannibalisme rituel pour s'assurer la mana de l'ennemi vaincu.
En 1642, le navigateur hollandais Abel Tasman débarqua un templs bref sur la côte occidentale de la Nouvelle Zélande. Lui et ses matelots furent l’objet d’attaques répétés de la part des cannibales. La découverte de la Nouvelle Zélande est généralement attribuée au capitaine anglais James Cook qui, en 1769, contourna les deux îles à bord du bateau Endeavour.

Les thèses diffusionistes
Barry Fell est considérées un des plus importants défenseurs des thèses “diffusionistes”, avec Jon Polansky et Vine Delona Jr.
Jon Polansky est l’éditeur de la revue Epigraphic Society Occasional Papers fondée par Barry Fell et consacrée aux études sur les contacts des transocéaniens. Vins Deloria Jr. est un membre de la tribu Sioux de la Stable Rock, activiste des mouvements des Américains Natifs, ex directeur exécutif du Congrès National des Indo Américains.
Le Diffusionisme soutient que l'homme s'installa depuis les temps anciens sur tous les continents et que, depuis l'Antiquité, les rapports mutuels entre les cultures des différentes parties du Globe furent multiples.
Quelques uns de ces auteurs croient que les Anciens Égyptiens étaient arrivés à rejoindre les côtes américaines et qu'ils maintenaient avec ces continents des rapports commerciaux réguliers, s’enrichissant d'influences culturelles et stylistiques, mais aussi des découvertes de statuettes et d'inscriptions, ici et là dans le continent américain.

Les dévelopements de l'enquête
Je suis resté particulièrement impressionné par le fait que dans aucune des prèsumées inscriptions égyptiennes identifiées en Amérique se prèsente une écriture hiérogliphique, et qu’aucune ne soit écrite dans la langue de l'Ancienne Égypte. Il semble que – pour ces “produits d'exportation” — les Égyptiens préférèrent employer la langue et l'écriture des peuples voisins libyen–berbères. La même observation vaut pour les inscriptions rupestres attribuées au temps de l'expédition Rata et Maui.
Maintenant, une observation s'impose : même si les Égyptiens avaient toujours – ou très souvent – recouru à des flottes composées de matelots libyens, il faut penser que la langue officielle de leurs flottes (sinon l'unique langue « cultivée » et écrite par le personnel de commandement) devait être cet “égyptien” et pas un dialecte de natifs, puisque sous le règne des Pharaons: cette langue libyenne devait être estimée proche.
Eh bien, avant tout il faut observer que si les diffusionistes avaient voulu créer un faux “ad hoc”, ils auraient pu employer plus facilement une écriture hiérogliphique (ou mieux greco–alexandrine pour ce qui concerne la période d'Ératostène), sans devoir faire deux fois des acrobaties intellectuelles, d'abord pour déchiffrer un langage comme le lybico–berbère (en somme bien peu connu, même des spécialistes en langues anciennes), et ensuite pour en justifier l'emploi dans les documents officiels de l'expédition. Les mêmes considérations peuvent valoir pour toutes les autres inscriptions du même type que le groupe des diffusionistes déclare avoir retrouvé et traduit, soit dans l'aire du Pacifique, soit sur le continent américain. Même dans d’autres cas, par exemple dans les graffitis rupestres le long de l'arc alpin, il est arrivé que les chercheurs aient recours à des lectures et interpretations qui se réfère à l’emploi d'un alphabet et d'une langue de matrice libyco–berbère. Ce qui est remarquable est que la supposition que les chercheurs diffusionistes se sont vraiment trouvés face à des documents pour eux inexplicables, puisque – s'il s'agissait de faux ou d'adaptations interprétées – il aurait été plus logique de les “créer” sur la base de la langue et de l'écriture des Égyptiens, et pas d'une autre écriture et d'une autre langue, qui présentent autant – sinon plus – de difficultés d’interprétation. Cela pousse à supposer que les Pharaons avaient systématiquement recours à des flottes composées de matelots d'une nation voisine qui ne furent jamais, dans les siècles d'or de la civilisation Égyptienne, en rapports pacifiques avec le peuple des Pyramides. Des matelots tellement habitués à employer leur langue, bien différente de l'égyptien, dans toutes leurs notes et aussi dans les documents officiels, tel que “l'acte de possession” déposé sur les montagnes près de Santiago du Chili.
Cela vaut certainement la peine de repenser à mon hypothèse de la “découverte” de l'ancienne Atlantide formulée en 2001, laquelle devait vraiment être un ancien règne libyco–berbère.
L'écriture et la langue employée dans toutes ces inscriptions correspondraient donc à celles de l'ancienne Atlantide, sans possibilité de dol de la part de celui qui les a interprétées, puisque les chercheurs qui ne le firent pas étaient du moins au courant de cette hypothèse et ne travaillèrent pas dans cette direction, pas plus que pour la démontrer. Pourtant, les uniques circonstances qui permettaient la diffusion “planétaire” d'une langue libyco–berbère et de son système d'écriture, à travers des routes maritimes transoceanique, apparaissent liées à l'existence d'un grand empire marin, dans la période où l’Atlantide était maîtresse des mers (donc dans les années certainement antérieures à 1.200 AEC). Par contre, il n'est pas croyable que des matelots libyens, engagés dans la marine égyptienne allaient écrire des « actes de possession » sur les roches de l'actuel Chili, au nom du Pharaon d'Égypte et dans sa langue.
Un tel développement des hypothèses interpretatives mènerait évidemment à reconsidérer globalement même la reconstruction du voyage de Rata et Maui, qui devrait s’être déroulé non pas dans le IIIème s. AEC, mais au moins un millier d'années avant, lorsque l’Atlantide existait encore et détenait la suprématie des routes océaniques.
Nous nous rappellerons en effet que j’ai cité plus haut mon étude de 2001 sur l’Atlantide, qui suppose l'époque historique de la tragique fin de l'Atlantide vers 1.200 AEC. Les éléments utilisés par Fell pour dater l'inscription de Sosorra et autres au Chili sont l'observation d'une éclipse et la numération des années de règne (prèsumés comme étant celui de Ptolomée III, mais non identifiés explicitement comme tel). Il faudrait pouvoir se référer à une autre éclipse (et il n'en manque pas dans l'histoire de la Terre), ainsi qu’aux années de règne d'un autre roi (mais nous ne savons pas lequel). En outre, vu que nous ne sommes pas en possession d'éléments concrets qui relient étroitement l'une à l'autre ces inscription (qui n'emploient pas les mêmes caractères et qui ne sont – probablement pas – d'une même langue ou similare), rien empêche que les deux inscriptions, et autres retrouvées, puissent être des mémoires de voyages différents, avec des datations se référant au règne non pas d'un, mais de différents roi.
Ou bien alors, le nom de Maui répété à des milliers de kilomètres de distance, peut–il peut–être suffire à “signer” les deux documents ? Et pourrions–nous supposer, peut–être, à quelle culture les noms de Rata et de Maui (Mawi) peuvent appartenir ?

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Pour les notes et les images, v. l’article en italien : www.liutprand.it/Eratostene.pdf


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